Bonjour tout le monde!
Après un petit repos bien mérité pendant mes vacances
estivales, je retourne à mon blog. Aujourd'hui, il me fait plaisir
de vous présenter un proche collaborateur de longue date, M.
Sébastien Laquerre. Sébastien est un passionné d'automobile de
naissance comme moi et travail dans le domaine depuis belle lurette.
Avant tout l'énervement de la pandémie, il a pu participer à une
activité automobile pas ordinaire et je lui ai donc demander de nous
écrire un texte à ce sujet. C'est la première collaboration du
Blog automobile de Phil avec un autre passionné. Espérant que ce ne
sera pas la dernière. Sans plus tarder, je vous laisse lire
l'expérience de Sébastien ci-dessous.
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Rallye. Pour plusieurs,
ce mot représente une promenade d’observation, à pied ou en engin
motorisé, à la recherche d’indices bien cachés. Pour d’autres,
c’est un sport automobile synonyme de vitesse, d’audace et de
précision. Mais si on parle de « Rallye de Navigation »,
qu’est-ce que ça vous dit?
Personnellement, je ne
connaissais pas ce concept jusqu’à il y a quelques mois. Ce sont
des amis qui se sont inscrits à un tel événement et qui m’ont
incité à faire de même. J’ai alors appris que l’objectif d’un
tel rallye n’est pas si différent de la compétition bien connue :
à bord d’un véhicule légal pour la route, des étapes
prédéterminées doivent être franchies en effectuant le moins
d’erreurs possible. La différence majeure est que ce n’est pas
la vitesse absolue qui compte, mais bel et bien le respect du temps
alloué pour chacune des étapes. Le rallye de navigation se
déroulant sur des routes publiques ouvertes à la circulation, on
peut très bien comprendre le pourquoi de cette distinction…
C’est par un bel
après-midi de février que mon ami Steph – qui agit comme copilote
– et moi-même nous présentons au quartier général établi à
St-Apollinaire par les organisateurs de l’événement, le Club
Autos Sport La Licorne (
https://casll.qc.ca/).
Les instructions nous sont données et on nous remet le cahier de
navigation, qui comporte toutes les indications nécessaires pour
retrouver notre chemin. Mais même s’il reste quelques heures avant
le départ officiel, le travail du copilote commence déjà : il
faut procéder à divers calculs afin de déterminer le temps qu’on
doit prendre pour franchir chacune des sections tout en respectant la
vitesse moyenne demandée pour chacune d’entre elles.
Pendant ce temps, j’en
profite pour apposer quelques collants d’usage sur notre véhicule
et pour relaxer un peu afin de me préparer à ce qui s’avérera
quand même plusieurs heures de conduite intensive. Ah oui, le
véhicule, je n’en avais même pas encore parlé… Une simple
Subaru Crosstrek qui, à part un lien familial avec ses sœurs
WRX/STi, n’a absolument rien d’un véhicule sport avec son petit
4 cylindres atmosphérique, sa transmission CVT et son 0-100 km/h en
10 secondes! Sa traction intégrale s’avérera toutefois un atout
intéressant en cette journée d’hiver.
(Le bolide en question- NDLR)
Le départ a lieu en
séquence à partir de 16h01, au rythme d’un véhicule à toutes
les minutes. Puisque le numéro 6 nous a été assigné, nous prenons
la route à 16h06 lorsque le signal nous est donné par un des
organisateurs.
Peu après le départ, une
Mitsubishi Lancer Evolution nous talonne déjà. À ce moment, on
pense que son conducteur s’est trompé de rallye et qu’il roule
trop vite, mais nous apprendrons plus tard que nous avions mal
calculé certains aspects lors de nos premiers kilomètres et que
nous étions trop lents à ce moment. Donc malgré quelques
grognements de ma part lorsque je laisse le passage à ce bolide 2
fois plus puissant que le mien, il s’avère que c’est cet
équipage qui avait raison. C’est l’expérience qui rentre…
L’intérêt d’un tel
rallye, c’est que nous ignorons où sont situés les points de
contrôle. Il peut y en avoir deux dans une même section, puis
aucun dans les trois sections suivantes. Cette incertitude nous
oblige à valider constamment notre vitesse moyenne et à être sur
nos gardes pour respecter les temps demandés lors d’un éventuel
point de contrôle. Le respect de l’itinéraire, bien entendu,
représente aussi un défi. Mais grâce à un cahier de notes bien
conçu et à notre diligence constante, nous ne ferons qu’une seule
petite erreur de trajet dans toute la soirée et ses conséquences
furent mineures.
Après plusieurs
kilomètres sur l’autoroute 20 que nous venons de quitter, on
commence enfin à s’enfoncer dans les terres – et dans la nuit
qui tombe. C’est au détour d’une courbe que nous atteignons le
premier point de contrôle, qui consiste en un bénévole stationné
sur le bord de la route avec un panneau bien visible. Nous devons lui
remettre notre feuille de route afin qu’il y inscrive l’heure
exacte à laquelle nous sommes arrivés à cet endroit. C’est à la
fin du rallye que les vitesses moyennes seront calculées par les
organisateurs mais, dans le feu de l’action, il est difficile de
savoir si nous sommes sur la bonne voie ou non. Les plus
expérimentés ont sûrement des trucs mais ce n’est pas notre cas!
Au fur et à mesure que
nous progressons dans la campagne beauceronne, je me rends compte que
j’aime beaucoup mieux être à ma place que dans le siège du
copilote. Steph a toujours la tête baissée à examiner les notes, à
faire des calculs, à me donner des directives, etc. Comme dans la
plupart des rallyes, ce travail est d’une extrême importance et
est essentiel à la réussite de l’épreuve. Mon travail est plutôt
d’écouter les directives du copilote, de maintenir la vitesse
requise et, bien sûr, de garder le véhicule sur la route! Étant
d’un naturel contemplatif qui aime regarder le paysage, je n’ai
pas le loisir d’en profiter : mon regard alterne sans cesse
entre l’indicateur de vitesse, l’odomètre et la route.
Heureusement, il n’y a pas grand-chose à contempler dans cette
nuit d’encre de toute façon…
Quelques heures et points
de contrôle plus tard, il est temps de faire la pause. C’est à
St-Victor qu’elle a lieu et nous apprenons à ce moment qu’une
excellente pizzeria fait office de relais pour les compétiteurs
affamés. Nous avons été prévoyants en apportant notre propre
lunch, ce qui nous épargne le stress d’être servi dans les temps.
Ça nous permet aussi de faire le point et de relaxer tranquillement
dans le véhicule tout en discutant avec nos amis qui font partie
d’un autre équipage. Nous n’échangeons pas trop sur nos
stratégies quand même, notre objectif premier étant de les battre
à défaut de réellement viser un podium…
Au moment de repartir, un
organisateur nous avertit que le plus « le fun » est
à venir! Et c’est ce qu’on constate rapidement : les
routes sont moins larges, moins éclairées et plus enneigées. Il
faut également conserver un rythme plus rapide pour demeurer dans
les temps, ce qui demande davantage de concentration. Mais c’est
effectivement très plaisant et il est toujours tentant d’effectuer
quelques dérapages contrôlés (dans les limites de ce qui est
possible avec 152 chevaux, on s’entend).
Peu à peu, la fatigue
fait son œuvre. Nous sommes surpris de voir à quel point une telle
épreuve peut être éprouvante mentalement même si elle se déroule
à des vitesses légales. C’est en quelque sorte un marathon de
plusieurs heures pendant lesquelles le focus doit être gardé en
tout temps sur les routes à emprunter et sur les objectifs à
atteindre. Lorsque, par un drôle de hasard, le parcours nous fait
passer à 2 kilomètres de chez-moi, il serait faux de dire que je
n’ai pas une petite pensée pour mon doux lit et pour ma conjointe
qui m’y attend…
Je reprends rapidement mes
esprits pour les quelques kilomètres qui nous séparent de
l’arrivée. Après le calme de la Beauce et de Lotbinière, c’est
à l’Archibald de Ste-Foy que le point de contrôle final est
établi aux alentours de minuit. Disons que la bière est excellente
après cette longue soirée qui a duré 6 heures et environ 350
kilomètres!
C’est l’occasion de
discuter avec d’autres participants en attendant les résultats.
On comptera une bonne heure avant de les recevoir, il y a beaucoup de
données à compiler et de calculs à effectuer par les
organisateurs. D’ailleurs, une telle épreuve serait impossible à
tenir sans la participation des nombreux bénévoles qui déterminent
le parcours, rédigent le cahier de route, attendent les participants
aux points de contrôle, veillent à la bonne marche des opérations,
etc. Ça prend une bonne dose de passion pour l’automobile en
général (chose malheureusement de plus en plus rare de nos jours)
et on peut les remercier chaleureusement d’avoir rendu la tenue
d’un tel événement possible!
Et notre résultat dans
tout ça? Une sixième place sur vingt équipages, ce dont nous
sommes assez fiers étant donné que c’est notre première
participation! Et surtout, nous avons battu nos amis qui nous
avaient invité à l’événement, ce qui en fait sans aucun doute
une belle victoire morale…
Vous l’aurez compris,
tout cela est arrivé peu de temps avant que la planète soit mise
sur pause pour les raisons que l’on connaît. Nous nous étions
promis de recommencer l’expérience plus tard mais même si ce
souhait ne se réalisera pas à court terme, ce n’est que partie
remise…
Cet événement nous a
apporté beaucoup de plaisir et je conseille le rallye de navigation
à quiconque aime conduire et passer du bon temps. Nous n’oublierons
pas cette soirée de sitôt!